![]() |
|
||||||
|
|
|||||||
|
|
|||||||
|
Aborder le marché de l’art
sans aborder les domaines qui, bien que essentiels, lui sont
périphériques, serait insuffisant. En effet, ces
domaines requièrent de la part de l’amateur autant
d’attention que les opérations d’achat et de
vente, et ceci dans l’intérêt de son
patrimoine.
Conserver / restaurer une œuvre
d’art
Conserver / restaurer une œuvre
d’art
Un tableau en mauvais état perd une
partie de sa valeur. D’un point de vue purement
économique cependant, avant d’entreprendre la
moindre dépense, il faudra toujours s’interroger
sur la plus-value que celle-ci permettra éventuellement
de dégager. Toute œuvre d’art ne
mérite pas d’être restaurée à
n’importe quelles conditions. Le montant de la
restauration doit rester proportionnel à la valeur de
l’œuvre, que cette valeur soit plus ou moins
objective (valeur commerciale, artistique ou historique) ou
plus ou moins subjective (valeur sentimentale ou familiale).
Quoi qu’il en soit, mieux vaut donc prévenir que guérir et les spécialistes insistent avec
raison sur le respect de certains principes de bonne
conservation des œuvres d’art. L’observation
de quelques règles, au demeurant très simples,
permet alors d’éviter ou de retarder une
restauration importante. Quant à
l’opération de restauration elle-même, elle
n’affectera pas la valeur commerciale de l’oeuvre,
à condition toutefois de rester dans les limites du
raisonnable: un tableau “refait” n’a bien
entendu plus la valeur d’une œuvre quasi intacte.
Les supports (bois ou toile),
particulièrement sensibles aux variations
d’humidité de l’air ambiant, se dilatent ou
se contractent en fonction de celles-ci, ce qui peut
entraîner des altérations au niveau de la couche picturale. Il
convient donc de les préserver de tout changement brutal
de climat. C’est la raison pour laquelle on
préconise leur maintien dans une humidité
relative entre 50 et 65%. De même, il faut éviter
que l’éclairage dont bénéficie le
tableau dépasse 150 lux, tout en
s’efforçant d’éliminer au maximum les
ultraviolets présents dans la lumière (naturelle
ou artificielle).
Une maison n’étant en
général pas un musée, il n’est bien
sûr pas réaliste d’exiger le respect
à la lettre de ces prescriptions. Néanmoins, il
est des règles que le bon
sens impose: on ne place pas un
tableau au-dessus d’une source de chaleur
(cheminée ou radiateur), de même on ne
l’expose pas directement aux rayons du soleil. Enfin, on
évite d’accrocher une peinture contre un mur froid
ou humide.
En aucun cas, on n’entreprendra
soi-même un nettoyage, car nettoyer une peinture est une affaire de
professionnel. On devine avec effroi le résultat de
certaines tentatives avec une pomme de terre, un oignon ou, pis
encore, avec un solvant quelconque (white spirit,
térébanthine, etc.). Quant à certains
“produits miracles” vendus dans le commerce, il est
plus prudent de s’en passer. Tout au plus pourra-t-on
procéder délicatement au
“dépoussiérage” du tableau, à
condition toutefois que la couche picturale ne se
soulève pas par endroits.
Nettoyer un tableau consiste à
“alléger” plus ou moins profondément
le vernis qui
le protège, c’est-à-dire à le
retirer partiellement ou totalement, voire à enlever les
surpeints, soit les ajouts postérieurs, souvent
eux-mêmes d’anciennes restaurations. En
caricaturant, il est possible de distinguer deux écoles.
La première préconise un dévernissage
total et l’enlèvement systématique des
surpeints avec, pour conséquence, un aspect plus pimpant
et des couleurs plus chatoyantes. La seconde prêche pour
un nettoyage plus mesuré, laissant subsister une mince
couche de vernis ancien, tout en prônant le discernement
dans l’enlèvement des surpeints. Dans ce cas, le
tableau conserve une “patine” qui assourdit ses
couleurs et témoigne de l’uniformité de son
vieillissement. Les musées et les collectionneurs, du
moins en Europe continentale, privilégient en
général cette solution, le danger de la
première option étant de faire disparaître
une partie de l’épiderme de la peinture. La grande
question est alors de savoir jusqu’où aller afin
d’éviter d’aller trop loin, et c’est
la raison pour laquelle le choix d’un professionnel
responsable revêt une importance particulière.
Lorsque les mesures de conservation
n’ont pu empêcher le temps ou un accident
d’endommager l’œuvre, il faudra envisager sa restauration proprement
dite. La personne que vous choisirez pour effectuer ce travail
sera sans doute la plus compétente pour vous indiquer la
solution optimale. Néanmoins, vous devez savoir
qu’il y a souvent plusieurs façons
d’envisager une restauration. La voie actuelle
prédominante en Europe continentale s’oriente vers
l’intervention la plus modeste possible. Cette position
est guidée par le souci de rendre l’œuvre
“lisible” sans jamais se substituer à
l’artiste. Imaginez une lacune, c’est-à-dire
un endroit où la matière a complètement
disparu. Si cette lacune est de petites dimensions, le
restaurateur reconstituera en principe aisément le
manque. Par contre, si une partie importante de
l’œuvre a été détruite, le
risque est grand que le restaurateur “invente” un
élément de la composition. Ce qui peut
difficilement se concevoir du point de vue de
l’authenticité de l’œuvre: il y aurait
alors deux artistes, le créateur et le restaurateur. Si
celui-ci a la retouche facile, il pourrait également
déborder de la surface des lacunes, dissimulant ainsi
une partie de l’œuvre initiale. En exagérant
de la sorte son intervention, le restaurateur réduirait
proportionnellement la valeur de l’œuvre.
D’où l’importance de l’utilisation par
les professionnels de produits
“réversibles”, c’est-à-dire de
produits qui seront toujours susceptibles d’être
enlevés.
Depuis le doublage de la toile qui
écrase la couche picturale à l’emploi de
solvants agressifs qui “mordent” les couleurs ou
effacent la signature, la liste des bévues potentielles est très longue. Le
choix du restaurateur à qui l’on confie son
œuvre d’art revêt donc une importance
capitale, au risque de perdre de l’argent. Le titre de
restaurateur n’est cependant que rarement reconnu par les
législations nationales. Aux côtés de
professionnels sérieux existe donc une pléiade de
dilettantes. Or rien ne distingue les uns des autres, hormis la
compétence bien entendu! Ne vous adressez donc jamais
à un amateur…
|
|
||||||
|
|
|||||||
|
|
|||||||
|
|
|||||||
|
|
|
|
|
|
|
|
|