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L’évaluation d’une œuvre d’art nécessite l’intervention d’un expert. Si ce dernier se fera aider par des instruments également disponibles pour le grand public (annuaire de cotes et autres sites spécialisés dans la fourniture de résultats de ventes aux enchères), lui seul sera en mesure d’interpréter les informations fournies par ces bases de données. Aussi savant soit-il, un historien de l’art n’ayant aucune expérience de l’évaluation ne sera pas beaucoup plus indiqué qu’un quidam pour donner un avis en la matière. De la même manière, un expert du marché n’ayant qu’une connaissance approximative de l’histoire de l’art ne pourra jamais juger de l’importance relative d’une œuvre. Il risquera dès lors de sous-estimer ou de surestimer ses qualités…

L’expert peut prendre en considération la valeur vénale de l’œuvre, autrement dit sa valeur de réalisation, ou sa valeur d’assurance, c’est-à-dire sa valeur de reconstitution. La valeur vénale correspond au prix que l’on obtiendrait en réalisant l’œuvre sur le marché de l’art à un moment donné, tandis que la valeur d’assurance correspond au prix que l’on devrait débourser pour obtenir une œuvre comparable dans des conditions d’acquisition normales, c’est-à-dire sans nécessairement faire une bonne affaire, en payant le prix dans le commerce d’art.

Qu’il s’agisse d’une expertise d’évaluation en valeur vénale ou en valeur d’assurance, il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit plus d’une indication que de la “Vérité”. En effet, l’expertise d’évaluation n’est pas une science exacte, mais plutôt un exercice spéculatif. Il faut dès lors considérer le montant avancé comme un prix moyen raisonnable. A cet égard, le terme “estimation” exprime bien la part d’inconnue qu’il renferme.

L’expertise d’évaluation est toujours contingente à un marché géographique ou temporel. L’évaluation ne vaudra donc que dans ces limites. Choisir un expert capable de déterminer la valeur de l’œuvre sur le marché le plus adéquat pour elle est évidemment d’importance pour son propriétaire. Un expert local ne prendra en effet pas toujours toute la mesure d’une œuvre sur laquelle il se penchera distraitement. Mieux vaut donc s’adresser à un bureau d’expertise pourvu d’un centre de documentation digne de ce nom… Enfin, le marché de l’art subissant, comme tout marché, des fluctuations, il est important de revoir régulièrement les évaluations, et ce au maximum tous les cinq ans. Il n’est en effet pas dans l’intérêt du collectionneur d’être sur-assuré, ce qui signifie payer des primes disproportionnées, ni d’être sous-assuré, ce qui lui fait courir un risque d’indemnisation partielle en cas de sinistre.

Henry Bounameaux est licencié en droit et licencié en Archéologie et Histoire de l’Art. Il est Secrétaire Général de la Chambre Belge des Experts en Œuvres d’Art et Maître de Conférences à l’ULB dans le cadre d’un DEA inter-universitaire. Il est à votre disposition pour vous conseiller en matière d’évaluation d’œuvres d’art.
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