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De nombreux tableaux ne sont pas signés. Il faut alors les attribuer, c’est-à-dire leur donner une paternité. Lorsque l’opération s’avére impossible, on parle d’artiste anonyme en précisant le siècle et l’école (exemple: Ecole flamande, XVIe siècle). Souvent cependant, l’on pourra déterminer un lien avec un artiste. Ce lien sera tantôt certain et l’on dira que l’œuvre est “de” ou “par” Rubens, tantôt moins certain. Si un léger doute subsiste, on dira que le tableau est “attribué à” Rubens. Si l’on considère que la peinture n’est pas du maître, mais de l’un de ses élèves, on parlera de “l’atelier de” Rubens. Si l’on pense que le lien est un peu moins ténu, c’est-à-dire que le tableau date de l’époque du maître, et bien que sous son influence, n’est ni de lui, ni de son atelier, on évoquera “l’entourage de” Rubens ou encore un “suiveur de” Rubens. Enfin si l’œuvre est postérieure (et parfois de plusieurs siècles) à Rubens, on parlera d’un tableau “dans le goût de” ou “à la manière de”, voire “d’après”.

Tout ceci a beau être bien précis, la difficulté de l’appréciation du degré de paternité de l’artiste par rapport à l’œuvre subsiste. L’enjeu est d’autant plus important qu’une œuvre considérée comme réalisée par Rubens vaut infiniment plus qu’une œuvre de son atelier et bien plus encore qu’une œuvre “à la manière de”. Par incompétence, par malhonnêteté, voire un peu des deux, il est très commode (beaucoup plus commode que d’apposer une fausse signature) de décider que l’œuvre n’est pas de l’entourage de Rubens, mais bien de la main du maître lui-même.

Dans le cadre d’un achat, si l’amateur ne peut compter sur son érudition, il lui faudra bien faire confiance au vendeur. Autrement dit, la compétence de celui-ci et son professionnalisme seront sa seule garantie. Le premier conseil est donc de s’adresser à un professionnel reconnu pour ses connaissances dans son domaine d’activité. On ne visite pas les brocantes si l’on souhaite s’offrir un Rubens. Ce qui ne veut évidemment pas dire que tous les Rubens proposés par les “grands” marchands soient authentiques, mais la probabilité de se tromper est tout de même moindre. Le conseil vaut a fortiori pour les salles des ventes, pour lesquelles mieux vaut s’enquérir de l’identité de l’expert de la salle, avant de porter la moindre enchère, sous peine de graves désillusions. Le meilleur conseil à donner est alors de ne jamais se contenter de l’avis du vendeur seul, à moins qu’il puisse étayer ses dires par des arguments solides (dossier établi par un historien de l’art confirmé ou avis favorable d’une personne faisant autorité et reconnue pour son indépendance par rapport au commerce). Si le vendeur n’a recours qu’à des arguments d’autorité (c’est un Rubens parce que j’en suis intimement convaincu), il ne faut pas hésiter à prendre l’initiative de s’adresser à un tiers indépendant ou… à s’abstenir!

Qui soulève la question des faux pense naturellement aux tableaux “trafiqués”, sinon entièrement falsifiés. Depuis le tableau “amélioré”, sur lequel on a ajouté un ou plusieurs personnages jusqu’au tableau d’époque, sur lequel une fausse signature a été apposée, l’éventail des possibilités est large. Certains faux sont grossiers, d’autres sont difficilement décelables. Avec un peu d’entraînement, certaines manipulations peuvent être découvertes. Un des grands classiques est sans doute la fausse signature qui passe sur le réseau des craquelures: si celle-ci avait été authentique, elle aurait vieilli avec le reste de la couche picturale et aurait également été craquelée. Attention cependant aux fausses signatures qui ne riment pas nécessairement avec faux tableaux! Il est, en effet, possible qu’un tableau non signé ait reçu a posteriori une fausse signature qui corresponde cependant bien à l’identité de son auteur et ce, simplement pour mieux convaincre! Attention également à tous les éléments périphériques destinés parfois à induire en erreur: étiquettes vieillies au dos du tableau attestant son authenticité, sceaux de collection fantaisistes, etc. Enfin, un tableau restauré abusivement ne peut plus être considéré comme authentique.

La société Bounameaux vous assiste dans l’expertise d’une œuvre d’art. N’hésitez pas à nous contacter. Nous envisagerons ensemble la solution optimale, et ce en toute confidentialité.
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